Indicateurs statistiques

Coefficient de Gini

En Wallonie, le coefficient de Gini valait 0,258 pour les revenus de 2014, ce qui en fait une des régions les plus égalitaires d’Europe par rapport au revenu.

Coefficient de Gini dans les pays européens, revenus de 2014

Sources : SILC 2015 ; Calculs : IWEPS (Belgique et Régions) et Eurostat (pays européens). Les chiffres de l'Irlande, la Suisse et l'ARYM proviennent de SILC 2014.
Sources : SILC 2015 ; Calculs : IWEPS (Belgique et Régions) et Eurostat (pays européens). Les chiffres de l’Irlande, la Suisse et l’ARYM proviennent de SILC 2014.

 

Le coefficient de Gini est une mesure synthétique des inégalités de revenu au sein d’une population. Il varie de 0, quand l’égalité est totale (c’est-à-dire que tous les revenus sont égaux), à 1 quand l’inégalité est maximale (quand la totalité des revenus est perçue par un seul individu). Il peut aussi s’interpréter comme l’écart moyen de revenu (exprimé en fonction du revenu moyen) entre deux individus tirés au hasard. Cela veut dire qu’en Wallonie, si l’on prend deux personnes au hasard, en moyenne, leur différence de revenu équivaudra à environ un quart du revenu moyen wallon. Ici, le coefficient de Gini est calculé à partir du revenu équivalent mesuré avec SILC. Dans cette enquête, les revenus sont mesurés pour la totalité de l’année civile précédant l’enquête – par souci de fiabilité et pour neutraliser les variations temporaires. Ici, nous avons indiqué les années de revenu et non les années d’enquête.

Étant donné que ce coefficient est mesuré à l’aide d’une enquête, les intervalles de confiance sont nécessaires pour rendre compte des imprécisions statistiques découlant du processus d’échantillonnage. Dans 19 cas sur 20, la « vraie » valeur du coefficient de Gini se situe à l’intérieur des marges indiquées sur le graphique. Ainsi, on peut affirmer avec   95 % de certitude qu’en Wallonie sur base des revenus de 2014, le coefficient de Gini se situait entre 0,244 et 0,272. Ces chiffres montrent que l’ampleur des inégalités de revenus en Wallonie est très faible par rapport à la situation observée dans la plupart des autres pays européens. On peut expliquer cette situation favorable en raison de notre modèle social qui combine une sécurité sociale relativement bien développée et un marché du travail plutôt bien encadré, notamment par les partenaires sociaux.

 

Evolution du coefficient de Gini en Belgique et dans les régions belges

Sources : SILC 2004-2015 ; Calculs : IWEPS
Sources : SILC 2004-2015 ; Calculs : IWEPS

 

Le coefficient de Gini en Belgique est remarquablement stable. La Wallonie et la Flandre sont toutes deux des régions très égalitaires, contrairement à Bruxelles qui est très inégalitaire. La situation Bruxelloise peut s’expliquer par le fait qu’il s’agit d’une ville-région qui, sur le plan géographique, est très polarisée. Les valeurs très élevées de 2004 et 2005, et les larges intervalles de confiance qui les accompagnent, s’expliquent par la présence d’un revenu extrêmement élevé ces années-là. La légère différence entre la Wallonie et la Flandre renvoie aussi à des inégalités d’ordre géographique plus importantes en Wallonie, notamment entre les bassins industriels du Hainaut et de Liège et les provinces plus riches du Brabant wallon, de Namur et du Luxembourg.

 


Définitions et sources

Les données utilisées pour calculer ce taux proviennent de SILC, une enquête annuelle (supervisée par Eurostat) largement utilisée pour quantifier la pauvreté, les inégalités de revenu et les conditions de vie en Europe.

Ici, l’idée est d’appréhender le niveau de vie des individus à travers le revenu du ménage. Pour cela, tous les revenus nets sont pris en compte : revenus du travail, transferts sociaux, revenus du patrimoine, transferts entre ménages… En supposant que les personnes qui vivent ensemble partagent un même niveau de vie, ces revenus nets sont totalisés au niveau du ménage. Le revenu du ménage est ensuite pondéré selon des conventions internationales pour tenir compte des économies d’échelles (un ménage de deux personnes n’a pas besoin d’autant d’argent que deux ménages d’une personne). Pour chaque individu, on obtient ainsi le revenu équivalent de son ménage – indicateur de son niveau de vie, sur base duquel on calcule le coefficient de Gini.


Pertinences et limites

L’intérêt principal du Gini, outre son caractère synthétique, est de toujours considérer qu’une société qui redistribue plus les richesses est plus égalitaire. Concrètement, si, dans une population, on transfère une partie du revenu d’un individu riche vers un individu pauvre le coefficient de Gini va toujours baisser – ce qui n’est pas le cas de tous les indicateurs d’inégalité. Contrairement au taux de risque de pauvreté, il n’y a aucun problème à comparer le coefficient de Gini wallon à ceux des autres pays européens.

Il présente néanmoins deux principales  limites.  D’une part, il ne mesure que les inégalités de  revenus : les inégalités d’accès aux services publics (santé, éducation…) et les inégalités de patrimoine ne sont pas prises en compte. D’autre part, les très pauvres et les très riches ne sont pas bien pris en compte par cet indicateur. Les très pauvres ne font pas partie de l’échantillon de SILC. Les très riches sont mal pris en compte par les enquêtes parce qu’ils sont peu nombreux – même s’ils captent une proportion importante des revenus.

Responsable(s) : Ghesquiere François

Pour en savoir plus:

http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/Income_inequality_statistics

Prochaine mise à  jour : septembre 2017


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