Indicateurs statistiques

Hiérarchie urbaine

Une manière d’étudier la structure spatiale des territoires, traces matérielles observables des modes d’organisations des sociétés, est de s’intéresser aux pôles et réseaux urbains.
Les territoires sont en effet fréquemment organisés autour de pôlarités (centres) qui ont généralement établi un réseau entre elles. La fonction de ces centres est généralement de fournir des biens et/ou des services variés à leur environnement, leur périphérie ou zone d’influence.
Ces fonctions sont présentes parce qu’elles répondent à des besoins de la population, des entreprises…

Chaque polarité du territoire ne fournit pas le même niveau de services et de biens à son environnement : les besoins habituels, occasionnels ou de plus en plus spécialisés des habitants étant satisfaits par des centres d’importance fonctionnelle croissante. Les polarités peuvent ainsi être hiérarchisées en fonction de la qualité et de la quantité des services/biens fournis. L’importance des zones d’influence des polarités (en superficie ou en population) peut aussi être utilisée pour les hiérarchiser. La hiérarchie urbaine constitue donc un classement de polarités « urbaine » entre elles.

Plusieurs études et recherches ont été réalisées depuis les années 60 pour définir la hiérarchie urbaine belge. Le dernier excercie sur l’ensemble de la Belgique a été réalisé en 1997 par E. Van Hecke , Professeur à la KULeuven (E. Van Hecke, Actualisation de la hiérarchie urbaine en Belgique dans Bulletin du Crédit Communal, n° 205, 1998/3, pp. 45-76).
Cet excercie réalisé à l’échelle des communes intègre deux démarches : la hiérarchie sur base des zones d’influence et la hiérarchie sur base de l’équipement fonctionnel.
Les zones d’influence ont été déterminées sur base d’une enquête (de 1992 à 1995) relative aux comportements spatiaux adoptés par la population tant pour les services que les achats.

L’analyse des équipements a été réalisée en 1996-1997 sur base de sources diverses : statistiques, ONSS, annuaires …. Huit fonctions ont été prises en compte à travers la présence ou l’absence d’équipements spécifiques et/ou l’importance de ces équipements :

  • soins médicaux et sociaux ;
  • sport, récréation et horeca ;
  • transport ;
  • services avec guichet ;
  • autorités publiques ;
  • culture ;
  • enseignement ;
  • commerces de détail.

Au total, cette étude a mis en évidence :

  • 5 grandes villes : Bruxelles, Anvers, Gand, Liège et Charleroi;
  • 17 villes régionales : Mons, Namur, Bruges, Louvain, Hasselt, Courtrai, Malines, Tournai, Alost, Ostende, Verviers, Turnhout, La Louvière, Saint-Nicolas, Roulers, Arlon et Genk;
  • 31 petites villes bien équipées;
  • 18 petites villes moyennement équipées et en position intermédiaire;
  • et 32 petites villes faiblement équipées.

La carte ci-dessous reprend les résultats pour la Wallonie. Le tableau ci-dessous permet d’observer l’évolution de la population par type de communes.
Plus récemment, la CPDT dans son diagnostic territorial de 2011 a tenté de mettre à jour une hiérarchie urbaine pour la Wallonie (voir lien en colonne de droite). Il en résulte une classifcation des communes wallonnes qui distingue des communes qui rayonnent autour d’elles et des communes qui dépendent d’autres pour la plupart des fonctions.

 

Hiérarchie urbaine wallonne (Van Hecke, 1998)

Hiérarchie urbaine wallonne (Van Hecke, 1998)
Sources : Van Hecke E., 1998. Actualisation de la hiérarchie urbaine en Belgique dans Bulletin du Crédit Communal, n° 205, 1998/3, pp. 45-76

 

Évolution de la population selon la hiérarchie des communes de Van Hecke (1998)

Évolution de la population selon la hiérarchie des communes de Van Hecke (1998)

wdt_IDCommunes selon la hiérarchie urbainePopulation 2001Population 2011Part de la population au 01/01/2011 (%)Solde 2001-2011Part du solde dans le total de croissance (%)Taux d'évolution 2001-2011 (%)
1 Grande ville 384.783 398.179 11,3 13.396 7,5 3,5
2 Ville régionale 417.863 433.599 12,3 15.736 8,8 3,8
3 Petite ville bien équipée 186.416 200.465 5,7 14.049 7,8 7,5
4 Petite ville moyennement équipée 123.930 134.656 3,8 10.726 6,0 8,7
5 Petite ville faiblement équipée 373.528 394.963 11,2 21.435 12,0 5,7
6 Commune non urbaine bien équipée 765.116 793.114 22,5 27.998 15,6 3,7
7 Commune non urbaine moyennement équipée 830.790 880.791 25,0 50.001 27,9 6,0
8 Commune non urbaine faiblement équipée 264.031 289.773 8,2 25.742 14,4 9,7
9 Total Wallonie 3.346.457 3.525.540 100,0 179.083 100,0 5,4


Sources : Van Hecke, 1998 ; SPF Économie/DGSIE – Données du registre national 2001 et 2011 ; Calculs IWEPS, 2012.

Note: 1 Les communes non urbaines, au contraire des villes, ne disposent pas d’un centre morphologique urbain multifonctionnel (Van Hecke, 1998). Au nombre de 221, elles concernent des communes très variées allant de communes d’agglomération ou de banlieue à des communes beaucoup plus rurales.

 

Entre 2001 et 2011, la population wallonne a augmenté de 179.083 habitants (+5,4%). Les communes qui ont accueilli la majeure partie de la croissance démographique sont essentiellement les communes non urbaines¹, avec une part de 58% de la croissance. Remarquons toutefois que celles-ci, au nombre de 221, rassemblent pas moins de 55,7% de la population wallonne au 01/01/2011. Durant la période considérée, la part dans le total de la population des grandes villes et des villes régionales a diminué alors que celles des communes non urbaines moyennement et faiblement équipée a augmenté. Ces deux derniers types de communes, qui rassemblent 171 entités et accueillent 33,2% de la population wallonne, ont contribué à 42,3% de la croissance démographique wallonne.

Responsable(s) : Charlier Julien
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