Indicateurs statistiques

Taux de mortalité standardisé sur l’âge et le sexe

En 2014, la mortalité enregistrée en Wallonie est en moyenne 19 % plus élevée que dans le reste du pays lorsque l’on supprime l’effet de la distribution de la population par âge et par sexe.

Afin d’étudier la mortalité en éliminant les effets de la structure par âge et par sexe de la population, il est possible de calculer des taux standardisés. La méthode consiste à appliquer les taux observés dans chaque commune, dans chaque catégorie d’âge et pour chaque sexe à une population standard. On obtient donc le taux que la commune présenterait si la structure de sa population correspondait à la structure de cette population standard.

Ces taux sont légèrement différents des taux bruts mais ont l’avantage de permettre une comparaison entre territoires. A titre d’exemple, si une commune dispose d’une ou plusieurs maisons de repos, l’effet de ces maisons de repos sur la mortalité est ainsi neutralisé. Ces taux ont été calculés ici pour chaque commune wallonne sur la mortalité observée de 2005 à 2014 afin d’obtenir un nombre d’observations suffisant dans chacune d’entre elles. On observe sur cette carte une forte disparité entre les régions belges. Les communes wallonnes présentent une mortalité globalement plus élevée que les communes du nord du pays.

La standardisation permet en théorie d’éliminer l’impact, par exemple, de la présence d’une maison de repos sur un territoire communal. En pratique, il arrive que les personnes arrivent et meurent la même année sur une commune. Dans ce cas, lors de l’estimation du taux par âge qui sera ensuite utilisé dans la standardisation, elles augmentent le nombre de décès au numérateur sans participer au dénominateur puisque celui-ci est obtenu en prenant la moyenne de la population au premier janvier et au trente et un décembre. Le taux est donc légèrement surestimé. Ces effets sont toutefois marginaux par rapport à ceux de la standardisation

 

Taux de mortalité par âge, Taux brut et Taux standardisé par sexe et région

Sources : Statbel ; Calculs : IWEPS

 

Le tableau ci-dessus donne les taux bruts de mortalité par tranche d’âge et globaux et les taux standardisés, par région et par sexe.

La conclusion à tirer de ce tableau est que quelles que soient la tranche d’âge et la région, les hommes meurent plus vite que les femmes.

La deuxième conclusion est que la surmortalité en Région wallonne se cristallise à partir de la tranche d’âge 10-24 ans chez les hommes et 25-44 ans chez les femmes.

 

Evolution du taux de mortalité standardisé (par région et par sexe, entre 2005 et 2014)

Sources : Statbel ; Calculs : IWEPS

 

L’analyse du graphique de l’évolution des taux standardisés dans chaque région du pays permet d’observer une diminution de la mortalité au même rythme dans chaque région. La Wallonie conserve donc son désavantage historique.

La diminution de la mortalité bénéficie aux femmes et aux hommes.  La surmortalité wallonne s’observe chez les femmes et les hommes.

 


Définitions et sources

Le taux standardisé par âge et par sexe obtenu par standardisation directe est le taux que l’on observerait dans la population étudiée si elle avait la même structure d’âge qu’une population de référence, ici la population européenne standard de 2013. On le calcule en pondérant les taux de mortalité par âge observés dans la population par la structure d’âge de la population de référence.


Pertinence et limites

L’utilisation du taux standardisé permet de comparer des résultats sur différents territoires ou à différentes périodes dans le temps, en redressant les structures des populations à comparer. En effet, la comparaison de taux bruts peut conduire à des conclusions erronées.

Parmi les différentes méthodes de standardisation, nous avons opté pour la méthode directe, afin de permettre la comparaison entre territoires différents standardisés avec la même population (voir Muecke et al). Cette méthode présente une variabilité plus grande, raison pour laquelle dix années de mortalité ont été cumulées, ce qui évite les petits nombres sur les territoires communaux.

Responsable(s) : Vandenhooft Annick

Pour en savoir plus:

Muecke, C. et al (2005), Doit-on utiliser la standardisation directe ou indirecte dans l’analyse de la mortalité à l’échelle des petites unités géographiques ? INSP Québec
https://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/364-StandardisationAnalyseMortalite.pdf

Renard, F. et al (2015), Mapping the cause-specific premature mortality reveals large between-districts disparity in Belgium, 2003-2009. Archives of Public Health, 73(1), 13. https://doi.org/10.1186/s13690-015-0060-5

Prochaine mise à jour : mars 2019


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