Questions fréquentes (FAQ)

Question 1 :
On entend souvent parler de chiffres sur l’économie wallonne. Comment s’y retrouver ?

Globalement, il y a 3 types de chiffres sur l’économie:

1) Les comptes régionaux publiés par la Banque nationale de Belgique qui sont des statistiques économiques officielles. Celles-ci sont établies par la Banque selon une méthodologie qui répond aux standards européens et à propos de laquelle les Régions ne sont pas associées. Il s’agit des comptes régionaux. En plus d’avoir les comptes définitifs 2016, la Banque publiera également une estimation des comptes 2017 (provisoire donc). Par ailleurs, il faut aussi savoir que la Banque publie une estimation « flash » du PIB belge par trimestre afin de donner une information précoce sur l’évolution de la situation économique nationale.

2) Les perspectives de moyen terme (période de 5 ans) réalisées par le Bureau fédéral du Plan pour la Belgique (programme de travail HERMES) et les prévisions régionales avec les instituts statistiques régionaux dont l’Iweps (programme de travail HERMREG). Les prévisions pour la Belgique (version courte : essentiellement des tableaux) sont publiées habituellement en mars alors que les prévisions complètes sont publiées en juin de chaque année.
Comme les prévisions régionales découlent des prévisions nationales (afin d’en assurer la cohérence), les perspectives pour les régions sont publiées début juillet de chaque année. Ainsi les dernières prévisions régionales disponibles ont été publiées en juillet 2018 (https://www.iweps.be/ publication/perspectives- economiques-regionales-2018- 2023/).

3) Les prévisions de court terme et la conjoncture pour l’ensemble de l’économie belge sont également réalisées par le Bureau du Plan (mandaté par l’ICN), dans le cadre de la préparation du budget fédéral (juin et septembre) et du contrôle budgétaire (février). Dénommées « Budget économique », elles ont été publiées le 07/02/2019.
Les « Tendances économiques » pour la Wallonie, l’exercice prévisionnel de court terme de l’IWEPS, sont publiées deux fois par an, à l’automne et au printemps. Le dernier numéro de Tendances a ainsi été publié le 28 février.

Question 2 :
Quelle est la différence entre la taux de chômage BIT et le taux de chômage administratif en Wallonie ? Comment sont-ils calculés ?

La réponse en vidéo :

Question 3:
Comment estime-t-on l’évolution de l’emploi en Wallonie ?

La différence entre deux « stocks »

Le plus souvent, lorsque l’on parle de l’évolution de l’emploi et des créations d’emplois, on parle des créations nettes, c’est-à-dire de la différence entre deux « stocks » d’emplois, entre deux « photos » du nombre d’emplois à un moment donné. Elles peuvent être mesurées par plusieurs sources de données (voir ci-dessous) et les estimations sont parfois bien différentes. Si l’unité de compte (personnes, postes) et le champ couvert (salariés, emploi total) jouent un rôle important, le moment de la mesure est aussi déterminant (voir Vander Stricht Valérie (2020) « De l’embauche à la hausse du taux d’emploi. Parcours des concepts, définitions et sources de données »  Working paper n°31, pp 7-14)

L’emploi en Wallonie et non l’emploi des wallons

A noter, qu’il s’agit  de mesurer les emplois créés sur le sol wallon que ce soit par des entreprises, administrations ou associations wallonnes ou multirégionales, du moment que ces acteurs possèdent au moins un établissement en Wallonie. Il s’agit donc d’un concept se rapportant à une mesure intérieure de l’emploi. L’emploi intérieur ne doit pas être confondu avec la population active occupée de la région, qui  mesure le nombre de wallons ayant un emploi, que celui-ci soit exercé en Wallonie ou ailleurs. La population active occupée intervient dans le numérateur du taux d’emploi Ce sont essentiellement les mouvements de navettes entre régions et avec les pays frontaliers qui expliquent la différence entre les deux concepts.

Estimations sur  https://www.iweps.be/indicateur-statistique/relation-entre-population-active-occupee-emploi-interieur/

Plusieurs sources de données permettent de mesurer l’évolution nette de l’emploi en Wallonie.

(voir Vander Stricht Valérie (2020) « De l’embauche à la hausse du taux d’emploi. Parcours des concepts, définitions et sources de données »  Working paper n°31, pp 14-21)

Les données les plus officielles sont celles des comptes nationaux et régionaux de l’Institut des Comptes nationaux (ICN) Ces estimations de l’emploi intérieur sont réalisées dans le cadre de la comptabilité régionale selon des méthodes, des définitions et des nomenclatures communes à tous les États membres de l’Union européenne (SEC 2010). Cette statistique officielle a l’avantage d’être conforme aux normes internationales SEC et d’être intégrée dans l’ensemble des statistiques économiques de la comptabilité régionale, notamment la valeur ajoutée, ce qui permet le calcul d’un indicateur tel que la productivité par tête. Les séries de la comptabilité régionale (comme nationale) peuvent subir des révisions importantes suite à des changements dans la méthodologie ou à la réception de nouvelles informations statistiques. La série est donc revue chaque année. L’évolution de l’emploi observée pour une année peut ainsi être réestimée à plusieurs reprises au fur et à mesure que de nouvelles informations sont disponibles.

Voir les estimations sur https://stat.nbb.be et la fiche  https://www.iweps.be/indicateur-statistique/croissance-annuelle-moyenne-de-lemploi/

La base de données et les projections du modèle HERMREG (Bureau fédéral du Plan, IWEPS, IBSA, Statistiek Vlaanderen) reprennent les données des comptes régionaux et les projettent à moyen terme (cinq ans). Les perspectives de moyen terme sont réalisées par le Bureau fédéral du Plan pour la Belgique (programme de travail HERMES) et les prévisions régionales avec les instituts statistiques régionaux, dont l’IWEPS. Les prévisions pour la Belgique (version courte : essentiellement des tableaux) sont publiées habituellement en mars alors que les prévisions complètes sont publiées en juin de chaque année. Comme les prévisions régionales découlent des prévisions nationales (afin d’en assurer la cohérence), les perspectives pour les régions sont publiées début juillet de chaque année.

Vois les estimations sur https://www.iweps.be/publication/perspectives-economiques-regionales-2021-2026/

L’IWEPS trimestrialise la série des comptes régionaux et réalise des projections à court terme (un an). Les « Tendances économiques » pour la Wallonie, l’exercice prévisionnel de court terme de l’IWEPS, sont publiées deux fois par an, à l’automne et au printemps.

Voir les estimations sur https://www.iweps.be/publication/tendances-economiques-n62/

Les comptes de l’emploi flamands (Vlaamse Arbeidsrekeningen) estimés par le Steunpunt Werk et les comptes de l’emploi wallons estimés par l’IWEPS permettent de mesurer l’emploi intérieur au niveau communal.

Voir les estimations sur http://walstat.iweps.be et la fiche  https://www.iweps.be/indicateur-statistique/ratio-demploi-interieur/

Pour l’emploi salarié, les données de la statistique décentralisée de l’ONSS (Office national de Sécurité sociale),sont aussi très souvent utilisées car elles sont plus rapidement disponibles que les comptes nationaux et régionaux. Elles sont la base de toutes les estimations de l’emploi listées ci-dessus.

Voir les estimations sur https://onss.be/stats/repartition-des-postes-de-travail-par-lieu-de-travail et la fiche https://www.iweps.be/indicateur-statistique/emploi-salarie-selon-dimension-unites-locales/

L’emploi indépendant peut être estimé sur la base des données de l’INASTI (Institut national d’assurances sociales pour travailleurs indépendants).

Voir les estimations sur https://www.inasti.be/fr/statistiques-interactives et la fiche https://www.iweps.be/indicateur-statistique/emploi-independant-non-compris-aidants/

Seules les données Dynam et Dynam-Reg permettent d’estimer à la fois des évolutions nettes et brutes de l’emploi salarié ainsi que des mouvements des travailleurs Ces données ont été analysées dans les Rapport sur l’économie wallonne de 2018 et 2019 (https://www.iweps.be/publication/rapport-leconomie-wallonne-2018/)

Voir les estimations sur https://www.dynamstat.be/fr/ et la fiche https://www.iweps.be/indicateur-statistique/dynamique-emplois-travailleurs/

Question 4 :
Quel est le lien entre embauche et création d’emploi et entre création d’emploi et augmentation du taux d’emploi des 20-64 ans?

Voir Vander Stricht Valérie (2020) « De l’embauche à la hausse du taux d’emploi. Parcours des concepts, définitions et sources de données »  Working paper n°31

Quand une entreprise wallonne embauche, son emploi n’augmentera que si cette embauche n’est pas compensée par un départ (retraite, licenciement). Imaginons que l’emploi de cette entreprise augmente, l’emploi wallon total n’augmentera que si cette augmentation de l’emploi n’est pas compensée par un recul de l’emploi dans une autre entreprise. (voir https://www.iweps.be/indicateur-statistique/dynamique-emplois-travailleurs/)

Faisons l’hypothèse qu’effectivement l’emploi wallon augmente, cela se traduira-t-il par une augmentation du taux d’emploi wallon ? Non, pas forcément. Si la personne engagée n’habite pas en Wallonie mais en Flandre, à Bruxelles ou dans un pays frontalier (France, Luxembourg, Allemagne, Pays-Bas), cela n’aura aucun effet sur le taux d’emploi wallon.

Envisageons qu’il s’agisse d’une Wallonne ou d’un Wallon  (personnes résidant en Wallonie), la population active occupée wallonne totale va augmenter… et le taux d’emploi ? Pas forcément !

Le taux d’emploi est calculé pour une tranche d’âge donnée. En l’occurrence, le taux d’emploi cible que s’est fixé le Gouvernement wallon pour 2025, 68,7%, est calculé pour la population des 20-64 ans (c’est le même calcul que celui effectué pour le taux d’emploi cible, 75%, fixé dans le cadre de la stratégie européenne EU-2020, (Voir fiche IWEPS -Taux emploi des 20-64 ans BIT (L032) https://www.iweps.be/indicateur-statistique/taux-demploi-20-64-ans-bit/ )

Le numérateur du taux d’emploi des 20-64 ans, à savoir la population active occupée des 20-64 ans, n’augmentera que si l’entreprise a embauché une personne résidant en Wallonie et âgée de 20 à 64 ans. Et le taux d’emploi, alors ? Le taux d’emploi n’augmentera que si son dénominateur, à savoir la population âgée de 20 à 64 ans a augmenté moins vite, est stable ou a reculé… Et si c’est le cas… alors cette embauche se traduira par une augmentation du taux d’emploi wallon !

Donc pour que le taux d’emploi en Wallonie augmente, il faut que les embauches en Wallonie se traduisent par une augmentation de l’emploi, que ces emplois soient occupés par des résident.e.s wallon.ne.s âgé.e.s de 20 à 64 ans et que simultanément la population des 20-64 ans n’augmente pas plus que proportionnellement. A noter que le taux d’emploi wallon peut aussi augmenter même s’il n’y a eu aucune embauche en Wallonie, par exemple si un nombre croissant de Wallonnes et Wallons trouve un emploi à Bruxelles, en Flandre ou dans un pays frontalier..

Lien entre embauche et création d’emploi

Pour que les embauches en Wallonie se traduisent par une augmentation brute de l’emploi wallon, il faut que dans au moins une entreprise monorégionale wallonne qui embauche, il y ait eu plus d’entrées que de sorties de travailleurs et/ou que dans les établissements wallons d’au moins une entreprise multirégionale les embauches + les glissements entrants soient supérieurs aux départs + les glissements sortants.

Pour que l’augmentation brute d’emplois se traduise par une augmentation de l’emploi intérieur, il faut que l’augmentation brute soit supérieure à la diminution brute.

Lien entre embauche et création d’emploi salarié en Wallonie entre juin 2018 et juin 2019

Sources : Dynam-Reg. IBSA – IWEPS – Departement WSE van de Vlaamse overheid – ONSS – HIVA-KU Leuven

Voir https://www.iweps.be/indicateur-statistique/dynamique-emplois-travailleurs/

Lien entre création d’emploi et augmentation du taux d’emploi des 20-64 ans

L’augmentation de l’emploi intérieur wallon ne se traduira par l’augmentation de la population active occupée wallonne que si ces emplois sont occupés par des Wallons et non par des frontaliers entrants ou des travailleurs des deux autres régions du pays

Pour que cela ait potentiellement un impact sur le taux d’emploi wallon des 20-64 ans, il faut que les Wallons qui occupent ces emplois aient entre 20 et 64 ans. Ces emplois pourraient en effet être occupés par des jeunes de moins de 20 ans et des personnes âgées de plus de 64 ans.

Si effectivement la population active occupée des 20-64 ans augmente, pour que le taux d’emploi augmente, il faut que le dénominateur du taux, la population de 20-64 ans, n’augmente pas plus rapidement. Le taux n’augmentera que si la population a crû à un rythme plus faible, est restée stable ou a diminué.

Lien entre le taux d’emploi des 20-64 ans et l’emploi intérieur en Wallonie

Source : IWEPS

Voir aussi : https://www.iweps.be/indicateur-statistique/relation-entre-population-active-occupee-emploi-interieur/