Indicateurs statistiques

Taux de privation des enfants

En Wallonie, en 2014, environ 21 % des enfants (de 1 à 15 ans) vivent dans une situation de privation.

Taux de privation des enfants en Belgique et dans les trois régions

Sources : SILC 2014 ; Calculs : IWEPS

 

L’indicateur est assez proche du taux de privation matérielle sévère (cf. fiche taux de privation matérielle sévère), mais il est spécifique aux conditions de vie des enfants. Il comptabilise l’ensemble des enfants de 1 à 15 ans qui vivent dans un ménage qui ne peut pas, pour des raisons financières, se permettre au moins quatre des 17 « biens et services » suivants : des vêtements neufs (pas d’occasion), deux paires de chaussures, des fruits et légumes chaque jour, de la viande (ou un équivalent végétarien) chaque jour, des livres adaptés à l’âge des enfants, des jeux d’extérieur (vélo, rollers.), des jouets adaptés à l’âge des enfants, des activités de loisirs régulières (sport, musique, mouvement de jeunesse.), célébrer des évènements (anniversaires, fêtes religieuses.), inviter des amis chez soi, une semaine en vacances par an, participer aux excursions scolaires (payantes), remplacer le mobilier usé, pas d’arriérés de paiement, un accès internet, chauffer correctement le logement, une voiture. Parmi ces critères, les 12 premiers sont spécifiques aux enfants, c’est à dire que l’enquêteur demande à l’adulte de référence du ménage, si tous les enfants vivant dans celui-ci ont bien accès au bien ou au service (mais pas nécessairement les adultes). Les 5 derniers critères sont généraux à l’ensemble du ménage et non spécifiques aux enfants. Par ailleurs, seuls les ménages qui déclarent ne pas avoir cet équipement pour des raisons financières sont comptabilisés. Les autres (ce qui peut relever d’un choix, mais aussi d’une autre difficulté) ne sont pas pris en compte.

Étant donné que cet indicateur est mesuré à l’aide d’une enquête, les intervalles de confiance sont nécessaires pour rendre compte des erreurs liées à l’échantillonnage. Dans 19 cas sur 20, la « vraie » valeur de ce taux se situe à l’intérieur des marges indiquées sur le graphique. Ainsi, on peut affirmer avec 95 % de certitude qu’en Wallonie, en 2014, le taux de privation des enfants se situait entre 15 % et 28 %. On observe que la Wallonie occupe une position médiane en Belgique. Le taux y est plus élevé que celui de la Flandre, mais semble inférieur à celui de Bruxelles.

 

Items de privation de enfants en Wallonie

Sources : SILC 2014 ; Calculs : IWEPS
NB : Les intervalles de confiance sont indiqués pour les taux de privations et pour la proportion totale des personnes qui n’ont pas le bien mentionné (pas uniquement les autres raisons).

 

Les différents items de privation sont inégalement répandus. L’absence de jeux, jouets, livres ou une incapacité à procurer une alimentation variée (fruits et légumes et protéines) sont plutôt rares, car elles touchent un peu moins de 5 % des enfants. D’autres privations sont plus fréquentes, c’est notamment le cas des meubles non remplacés (près d’un enfant sur trois), des vacances (un sur quatre) ou des arriérés (un sur six). Le renoncement pour des raisons non-financières est aussi important pour certains éléments : les meubles usés, les vacances, les activités régulières de loisirs, inviter des amis ou célébrer des évènements…

 

Items de privation des enfants selon le type de ménage

Sources : SILC 2014 ; Calculs : IWEPS

 

Les privations des enfants touchent inégalement les différents types de ménages. Comme pour le taux de pauvreté et la privation matérielle sévère (cf. fiches taux de risque de pauvreté selon le type de ménage et taux de privation matérielle sévère selon le type de ménage), les familles monoparentales sont les plus fréquemment touchées. Au contraire, 2 parents avec un ou deux enfants sont moins fréquemment confrontés à des difficultés. Pour une explication sur les types de ménages, voir la fiche taux de risque de pauvreté selon le type de ménage.


Définitions et sources

Les données utilisées pour calculer ce taux proviennent de SILC, une enquête annuelle (supervisée par Eurostat) largement utilisée pour quantifier la pauvreté, les inégalités de revenu et les conditions de vie en Europe. L’objectif de cet indicateur est de mesurer la pauvreté absolue (c’est-à-dire indépendamment du contexte national) des enfants à travers des conditions de vie spécifiques à cet âge de la vie.


Pertinence et limites

Le principal avantage du taux de privation des enfants est qu’il éclaire les conditions de vie spécifiques des enfants. Néanmoins, ce taux présente deux inconvénients. D’une part, mesuré au niveau du ménage, il n’est pas adéquat pour mesurer les inégalités internes aux ménages (notamment de genre ou de rang de naissance). D’autre part, les conditions de vie plus liées aux services publics qu’aux revenus (par exemple, l’accès à la santé, à l’éducation, aux transports en commun) ne sont pas prises en compte dans cet indicateur.

Responsable(s) : Ghesquiere François

Pour en savoir plus:

http://ec.europa.eu/eurostat/fr/web/gdp-and-beyond/quality-of-life/severely-materially-deprived-people

Prochaine mise à jour: juin 2020


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