Tendances économiques n°69
La croissance économique de la Wallonie ralentirait en 2026, percutée par la hausse brutale des prix énergétiques liée aux conséquences de la guerre en Iran.
Alors qu’au début 2026 les signaux conjoncturels étaient plutôt encourageants, le déclenchement du conflit en Iran fin février 2026 et la flambée des prix des hydrocarbures qui s’en est suivie affectent sensiblement le scénario conjoncturel régional. La croissance du PIB wallon se tasserait très nettement en 2026 (+0,5 %), contre +1,1 % estimé en 2025.
La consommation privée, à nouveau moteur de la croissance en 2025 (+1,9 %), ralentirait nettement en 2026 (+0,4 %). Le pouvoir d’achat des ménages reculerait de –1,8 % en termes réels, sous l’effet conjugué d’une inflation plus forte, du ralentissement des rémunérations salariales et de la faible dynamique de l’emploi mais aussi du net infléchissement des prestations sociales, consécutif à la réforme du chômage entrée en vigueur en janvier 2026. Face à des dépenses pour partie incompressibles, les ménages devraient néanmoins puiser dans leur épargne, dont le taux reculerait à 8,0 %.
La dégradation soudaine du contexte international intervient au moment où les conditions conjoncturelles tendaient à s’améliorer, ce qui repousse la reprise attendue des exportations wallonnes. Après un sursaut ponctuel en 2025, les exportations wallonnes ne progresseraient plus que très faiblement en moyenne en 2026 (+0,3 %), pénalisées par la dégradation générale des perspectives de débouchés.
La croissance de l‘investissement des entreprises wallonnes serait modérée en 2026 (+2,7 % en volume), soutenue par la poursuite des efforts de transformation numérique et écologique, les effets de repositionnement géopolitique de l’Europe en matière de défense et d’infrastructures, ainsi que la concrétisation probable de nouvelles phases d’investissements d’envergure dans les services d’information. Ces facteurs de soutien compenseraient l’absence de dynamique d’extension des capacités de production, dans le contexte macroéconomique dégradé.
L’investissement résidentiel des ménages connaîtrait pour sa part une troisième année consécutive de contraction (–1,0 %), malgré une relative détente des conditions de crédit, la faiblesse historique des autorisations de bâtir et la dégradation du pouvoir d’achat empêchant toute reprise significative.
Pour 2026, la progression de l’emploi intérieur serait limitée à +0,2 % (environ 3 300 unités), en lien avec la décélération de l’activité économique. En outre, l’incertitude ambiante et le renchérissement des coûts de l’énergie pèsent sur les décisions de recrutement. La réforme des allocations devrait stimuler l’offre de travail, mais ses effets sur l’emploi resteront limités à court terme, compte tenu du profil des personnes concernées.
La consommation publique wallonne ralentirait à +0,9 % en 2026 (contre +1,3 % en 2025), tandis que l’investissement public (+3,2 %) serait principalement tiré par les dépenses de défense, en grande partie neutralisé par la réduction des investissements locaux et l’arrivée à terme du Plan de relance wallon.
En complément, un podcast avec Olivier Meunier, co-auteur du rapport, propose une synthèse accessible du rapport :
Edition : N°69 Langue : fr Nombre de page : 52